Actualités

La mort au temps du COVID

Le rôle de la doula de fin de vie (ou thanadoula) a pour but d’accompagner, d’être présente aux côtés de celui ou celle qui va mourir. Elle intervient à la demande de la personne ou de ses proches, mais toujours en accord avec lui, s’il est conscient.

La doula fait tout ce qui est possible (en collaboration avec ceux qui sont présents) pour que cette fin de vie se passe dans la sérénité, le calme, elle utilise tout ce qu’elle sait, mais surtout tout ce qu’elle est pour soutenir, réconforter et faire en sorte que la personne meurt dans le maximum de paix et de dignité.

Malheureusement, tout cela a dramatiquement changé avec l’arrivée du virus COVID19.

  • pas de préparation

  • pas de présence des proches

  • pas d’accompagnement pour cause de coma entre autres

Une épouse m’écrivait en avril 2020 :

Nous avons été mariés 53 ans. Mon mari était en EMS. J’allais le voir régulièrement. Il avait des troubles de mémoire et parfois il semblait ne pas me reconnaître mais il semblait heureux quand j’arrivais. Je lui apportais des desserts qu’il aimait… Puis le virus est arrivé, plus de visite, plus moyen d’aller le voir. J’étais tellement révoltée ! Puisque les soignants pouvaient entrer avec des masques, des gants, des blouses à jeter, pourquoi pas nous ? A cause de la négligence des responsables de la santé, il n’y avait pas de masque pour nous ! Puis, mon mari a attrapé le virus et il est mort, sans moi, sans que je l’aie revu, sans être accompagné d’une relation d’amour. Je ne l’ai pas revu. Chaque fois que je pense à lui, je me sens très mal, je pleure, jamais je n’aurais imaginé que la fin de vie de mon mari se passe comme ça. Nous n’avons pas eu d’enfant et mon mari était tout pour moi ! Il n’y a pas eu de cérémonie d’enterrement : j’ai son urne et dans quelques semaines on verra ce qu’on fera. Un de ses amis m’aide beaucoup pour toutes les démarches, heureusement.

Dans ces situations, le rôle de la doula de fin de vie consiste surtout à soutenir les proches, à les aider à survivre à travers ce deuil si particulier.

Lorsque la personne est hospitalisée et peut-être dans le coma parce qu’intubée, bien sûr on peut prier pour elle, mais la doula peut aussi enseigner aux proches qui le désirent comment envoyer de l’énergie d’amour vers le malade, comment pratiquer des méditations de compassion à son intention.

Tout ce qui peut diminuer le terrible sentiment d’impuissance des proches est très utile.

Par exemple : envoyer de l’énergie d’amour.

On sait maintenant que l’énergie suit l’attention et qu’elle peut être envoyée et reçue par son destinataire ! Je propose aux proches de le faire seul ou avec d’autres, même si ces autres sont dans un autre lieu, à une heure fixée d’avance. Cela commence par un bref moment de méditation : s’asseoir, respirer lentement, une dizaine de fois, puis imaginer la personne malade, ou regarder une photo d’elle et après avoir mis sa main sur son coeur, imaginer que des rayons d’énergie d’amour ou de lumière d’amour s’en vont vers cette personne et l’entourent complètement. Maintenir l’image de ces rayons ou cette lumière atteignant la personne, pendant quelques instants et revenir à soi. On peut aussi allumer une bougie, pendant un moment.

Il est utile de faire cela deux à trois fois par jour, si possible à des moments réguliers.

S’il y a des jeunes enfants dans la famille, on peut établir un petit rituel et les encourager à faire des bulles d’amour pour la personne malade avant d’aller se coucher. (Prévoir un nombre important de flacons à faire des bulles).

Ce temps que nous vivons est bien difficile, il y a ceux qui gèrent leurs craintes en niant la gravité du virus et de ses conséquences et les autres qui parfois en souffrent et en meurent, et ils n’ont pas tous 80 ans !

La doula de fin de vie reste ouverte aux demandes, aux situations nouvelles et inconnues. Elle « accompagne », elle offre sa présence réelle ou à distance pour ceux qui le demandent, et quelle que soit les circonstances de cette transition vers une autre dimension.